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Choisir sa langue

mardi 30 mars 2010

Lecture...

Harrison nous conte l'histoire d'une femme, Dalva, et à travers sa vie et celle des siens, c'est toute l'Amérique des premiers colons aux années 1980 qui défile. Femme indépendante, vibrante et folle de nature et de grands espaces, Dalva est à elle seule un personnage inoubliable. Avec une écriture pleine de poésie et d'émotion, Harrison arrive à captiver le lecteur qui assiste, bouche bée, au massacre de Crazy Horse à travers les souvenirs de Northridge, l'arrière-grand-père de Dalva, qui tenta coûte que coûte de protéger et préserver le mode de vie des Sioux face à l'appétit des colons américains.


C'est surtout l'histoire bouleversante d'une femme Dalva, donc, de son enfance entourée de sa mère et de sa soeur, blessée à jamais par la mort de son père en Corée pendant la guerre. De ses confidences avec son grand-père dans leur ranch du Nebraska. De son amour inoublié avec Duane. Du grand drame de sa vie...

Un destin de femme superbe, au caractère fort mais aussi, d'une fragilité profonde... Une peinture de l'Amérique des grands espaces superbement dessinée par Harrison.
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Creek Mary a réellement existé. Ce roman, force souffle et foison, donne de l'histoire indienne d'Amérique du Nord une vaste fresque où, du début du XIXème siècle - avec Creek Mary à la tête des siens, les Muskogees, prennent en 1830 la ville de Savannah - au confinement dans les réserves des années 1875-1880, les descendants de Creek Mary marquent de leur sang et de leur courage ce livre et l'Histoire. Dès le début, ça commence un peu dans la perspective littéraire du Little Big Man de Thomas Berger. En effet, tout à fait par hasard, un journaliste à la Maison Blanche en 1905 tombe sur un vieil indien qui reçoit des hommages. S'intéressant à lui, à son histoire, à Creek Mary, il se rendra plus tard au fin fond du Montana se faire compter cet éblouissant récit.

lundi 29 mars 2010

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 Parle à la Terre...


Ces paroles ne viennent pas du Continent de la Tortue... Elles sont là pour nous permettre de réfléchir sur notre intérêt pour les amérindiens. Ne faudrait-il pas que nous retrouvions nos propres rituels?


Avant de cueillir les plantes il fallait implorer la terre: "O toi par qui s'endort la nature, toi qui fais fuir le jour et amènes la nuit, toi qui nous caches le soleil... qui engendres toutes les herbes et les donnes aux humains pour la guérison"...


On s'adressait ensuite à la plante : "Celle qui vous a créée avec vos propriétés salutaires veut bien que je vous cueille..." On répétait trois fois l'incantation."


Il fallait effectuer la cueillette au moment où la Lune était couchée et quand le Soleil n'était pas encore levé.


Après quoi il fallait apaiser la Terre par l'offrande d'un rayon de miel ou en déposant comme rançon un grain de blé ou d'orge dans le trou de l'arrachage". (La Laurencie 1931)

 Extrait de "Guérisseurs et Remèdes dans la France Ancienne Cévennes/Vivarais" de Pierre Ribon. Editions Horvath.

vendredi 26 mars 2010

Riches et pauvres

Mai 1988

Le sous-developpement, ce «génocide silencieux»

Abdus Salam (décédé en 1996), du Pakistan, a reçu le prix Nobel de physique de 1979 (avec S. Glashow et S. Weinberg) pour ses travaux sur l'interaction électromagnétique entre les particules élémentaires. Fondateur et directeur du Centre de physique nucléaire de Trieste, patronné par l'UNESCO, et professeur de physique théorique à l'Imperial College of Science and Technology de l'Université de Londres, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont Ideals and Realities: selected essays of Abdus Salam (1984) et Supergravity in diverse Dimensions (1987).
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Les habitants de notre planète se divisent en deux catégories distinctes. D'après une enquête du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), un quart de l'humanité, soit un peu plus d'un milliard d'hommes, entraient en 1983 dans la catégorie des " développés " Ils occupaient les 2/5 des terres émergées, alors que 3,6 milliards d'êtres humains " en développement " – les " Misérables " – se partageaient les 3/5 restants.
Pour plus de commodité, appelons-les tout simplement les riches et les pauvres, même si tous les pays en développement ne sont pas exactement pauvres, eu égard à leur Produit national brut (PNB). De toute façon, ce qui les distingue les uns des autres ce n'est pas seulement la richesse ou la misère, mais leur ambition, leur dynamisme et l'importance de leur contribution à la " culture contemporaine ", ainsi qu'à la science et à la technologie.

En 1983, le PNB des pays riches s'est élevé à 10 500 milliards de dollars, soit 9 5OO dollars par an et par habitant, ou encore 800 dollars par mois. Le PNB des pays pauvres plafonnait, pour la même année, à 2 600 milliards, soit en moyenne 60 dollars par habitant et par mois.
Pour le milliard d'hommes habitant les pays de l'Asie du Sud (Afghanistan, Bangladesh, Inde, Népal, Pakistan et Sri Lanka), région dont je suis originaire, le PNB ne dépassait pas 250 dollars par habitant, soit 20 dollars par mois en moyenne et 70 cents par jour. Avec cette somme, il nous faut faire deux repas quotidiens, nous habiller, nous loger, nous soigner, et nous cultiver par-dessus le marché !

C'est à sa supériorité économique et militaire que le quart le plus riche de l'humanité doit de " diriger ", le monde d'aujourd'hui, un monde caractérisé par l'égocentrisme des peuples du Nord. Parmi ceux-ci, figurent d'abord, bien entendu, les deux " supergrands ", les Etats-Unis et l'URSS, peuplés respectivement de 235 et 272 millions d'habitants, avec un PNB de 3 300 et 1850 milliards de dollars. Cette " élite " souffre en général de deux maux: la terreur nucléaire et le chômage. Les pays industrialisés semblent avoir délibérément choisi de maintenir 10 % de leur population sans emploi, en leur donnant juste de quoi subsister.

Le reste de l'humanité (trois êtres humains sur quatre) comprend notamment les héritiers de quelques-unes des plus prestigieuses civilisations de l'histoire – chinoise, hindouiste, bouddhique et islamique. Pour eux, les problèmes fondamentaux sont la faim (certains pays sont régulièrement frappés par la famine) et le dénuement : manque de logements, de vêtements, de soins de santé, d'éducation, aggravé par le chômage, le déficit de la balance commerciale, un endettement chronique qui se situe autour de mille milliards de dollars, le surpeuplement et l'insécurité politique.
Et je ne parle pas là de ceux qui souffrent de la misère la plus criante, mais des millions d'autres qui ont faim en silence, qui ont rarement la chance (et je sais de quoi je parle) de faire deux repas par Jour et qui sont souvent obligés de rogner sur leur maigre pitance pour acheter le livre dont leur enfant a besoin à l'école. Ces gens-là-là sont écrasés par une misère telle qu'on n'en connaît plus en Europe ou en Amérique depuis Charles Dickens. Ce qui m'étonnera toujours, c'est que ce " génocide silencieux " n'ait pas entamé le courage de ces nécessiteux, qui dans leur grande majorité continuent à faire front avec dignité.

L'insécurité politique, qui est aujourd'hui l'un des aspects les plus éprouvants de la vie dans les pays du tiers-monde, est liée à plusieurs causes. Ce sont notamment les dictatures militaires (face aux coups d'Etat en chaîne, on finit peut-être par perdre ses réflexes démocratiques et ne plus penser qu'à survivre) ; les frontières contestées des Etats nationaux, héritées pour l'essentiel de l'impérialisme; le fanatisme religieux, attisé par l'histoire; l'esprit de conquête, la rivalité des superpuissances et l'insistance des riches à vendre des armes aux pauvres, et enfin, l'apartheid.

Les occasions de contact entre peuples riches et pauvres sont malheureusement trop rares. Il en est d'historiques, qui sont la conséquence de l'impérialisme colonial. D'autres tiennent à une responsabilité écologique partagée : il se trouve, par exemple, que ces " poumons de la terre " que sont les forêts tropicales sont situés dans les pays en développement, et ce n'est que tout récemment que les pays riches ont pris conscience de leur intérêt biologique pour l'humanité tout entière et de la nécessité de contribuer à leur préservation. Le besoin de matières premières difficilement remplaçables comme le pétrole ou le gaz naturel, mais aussi de certaines denrées alimentaires, est également motif à établir des contacts. L'Organisation des Nations Unies (et ses institutions spécialisées), tant décriée à l'heure actuelle, est un autre point de rencontre.
On aurait pu penser que le commerce favoriserait les rapports entre les peuples. Or, il n'en est rien. Le monde en développement n'entre que pour 20 % dans le commerce mondial. C'est ainsi qu'on a pu lire dans un ouvrage récent que " les 36 pays qui constituent véritablement le " Sud " de notre planète (comme la Chine, I'Inde et le Pakistan), dont le revenu par habitant est inférieur à 400 dollars et où vit la moitié de la population mondiale, ne représentent pas plus de 0,3 % des échanges internationaux dans le monde d'aujourd'hui. "
Au fond, les " vrais pauvres " – les " Nègres " du révolutionnaire antillais Franz Fanon–n'ont aucune emprise sur le monde actuel. Comme tous les déshérités du monde, ils pourraient aussi bien disparaître sans laisser de trace.
Alors, que peut-on faire pour eux?

On peut envisager deux solutions : la première serait de les liquider purement et simplement en s'inspirant de la modeste proposition du poète et pamphlétaire irlandais Jonathan Swift, qui avec une ironie désespérée envisageait, il y a deux siècles, de résoudre le problème de la faim en Irlande en donnant à manger les enfants nouveau-nés. Si toutefois, la conscience universelle reculait devant cette " solution finale " – qui fort heureusement ne manquerait pas d'opposants dans les pays riches–, il ne reste plus qu'à tenter de redonner à ces gens les moyens de vivre dignement.

Quant à moi, je pense que le seul moyen d'améliorer durablement la situation du monde en développement réside dans l'injection massive et contrôlée des moyens et connaissances scientifiques et techniques qui font la différence entre le Nord et le Sud. J'ajoute que cela créerait une demande de biens et de services qui ne serait pas sans incidences positives sur le problème du chômage dans les pays développés.

jeudi 25 mars 2010

Lecture...

Nous étions libres comme le vent

Albin Michel / Terre indienne, 1999, 395 pages)

Il s'agit d'un document sur l'histoire des guerres Apaches qui se lit comme un roman. De Cochise à Géronimo, l'auteur nous conte l'histoire de ces tribus Apaches et de leur combat contre les "tuniques bleues" dans un style romancé mais avec la précision d'un historien, comparant la légende et les faits connus et cherchant la vérité.

La description des chefs Apaches comme des généraux américains est particulièrement élaborée. Si l'auteur prétend raconter l'Histoire en se positionnant du coté des Indiens, il ne manque pas de narrer leur cruauté et de défaire l'image idéale que peuvent en donner certains films. Il raconte aussi comment le sang a coulé à cause de la bêtise de l'administration ou de la piètre qualité des interprètes.

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 Avec ''La Flèche brisée'' d'Elliott Arnold, ''Pleure, Géronimo'' est l'un des livres le plus important - en matière de roman - sur les Apaches.

Texte lyrique, indispensable pour qui veut connaître en profondeur le monde apache, l'âme chiricahua. A la fois roman historique narré tour à tour par l'auteur, d'origine cherokee, et Géronimo lui-même comme intervenant textualisé. Sur un strict plan philosophique c'est une réussite exceptionnelle qui atteint, dans une simplicité et une clairvoyance extrêmes et rares, les sommets de la spiritualité apache. Du point de vue historique, c'est un peu les non-dits de la Flèche brisée qui forme l'écriture originale

Les quatre éléments


Des songes heureux pour ensemencer les siècles...


Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.
Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.
Vivez avec légèreté sans jamais outrager l’eau, le souffle ou la lumière.
Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.
Lorsque vous immolez un animal, sachez que c’est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.
Sachez établir la mesure de toute chose.
Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.
Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu’ensemble ils enfantent, et l’oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que la terre.
Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers et lorsque la nuit vous rassemble, ayez confiance en elle, car si vous n’avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage, sur ses pirogues de silence, jusqu’aux rives de l’aurore.
Que le temps et l’âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d’autres naissances, et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux, pour ensemencer les siècles.

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

lundi 22 mars 2010

L'agroécologie, l'être humain dans sa responsabilité à l'égard du vivant     -    Par Pierre Rabhi


La terre… Combien sommes-nous à comprendre cette glèbe silencieuse que nous foulons durant toute notre vie, quand nous ne sommes pas confinés dans des agglomérations hors-sol qui nous la rendent encore plus étrangère ? La terre nourricière est, parmi les quatre éléments majeurs, celui qui n’a pas existé dès l’origine. Il a fallu des millénaires pour que la mince couche de terre arable d’une vingtaine de centimètres à laquelle nous devons la vie puisse se constituer.


Univers silencieux d’une extrême complexité, siège d’une activité intense, elle est régie par une sorte d’intelligence mystérieuse et immanente. C’est dans ce monde discret que s’élaborent, comme dans un estomac, les substances qui permettront aux végétaux de se nourrir, de s’épanouir pour se reproduire, et c’est aux végétaux que les humains et les animaux doivent leur propre survie. Il est donc urgent de reconnaître que la dénomination « terre-mère » n’est pas une métaphore symbolique ou poétique, mais une évidence objective.


Ainsi s’est établie une logique extraordinaire fondée sur la cohésion du vivant. La terre, le végétal, l’animal et l’humain sont de cette manière unis et indissociables. Prétendre nous abstraire de cette logique, la dominer ou la transgresser impunément est une dangereuse illusion. Avec l’ère de la technoscience, de la productivité et de la marchandisation sans limite, on ne voit plus dans la terre et les végétaux qu’une source de profit financier. Semences sélectionnées, dégénérescentes ou non reproductibles, engrais, pesticides, monocultures, irrigation à outrance, machinisme... etc. : l'agriculture n'a pas échappé à la logique de productivisme. Suivant les processus et les mécanismes inspirés par la loi du marché et du profit illimité, elle a porté gravement atteinte à la terre nourricière. Elle s’accompagne d’un bilan économique, écologique et social dramatique : destruction de l’humus des sols, pollution des eaux, perte de la biodiversité domestique animale et végétale, disparition des paysans, de leurs savoir-faire et de leur culture, dévitalisation de l’espace rural, avancée de la désertification, manipulation et brevetage des semences…etc. La terre est vivante et ne peut pas être assujettie à toutes ses exactions sans de graves dommages pour l’avenir.


Par ailleurs, ce mode de production agricole se révèle être le plus onéreux, vulnérable, dépendant et le moins rentable de toute l’histoire de l’humanité : 4000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de viande, il faut à peu près 2 à 3 tonnes de pétrole pour fabriquer une tonne d’engrais et 12 calories d’énergie pour obtenir 1 calorie alimentaire… Entre excès, gaspillages et scandales alimentaires d’un côté, pénuries et famines de l’autre, l’agriculture productiviste, après s’être exprimée librement pendant des décennies, montre sérieusement ses limites. Le magnifique terme de « nourriture » qui, au-delà de la matière nutritive, a des résonances symboliques et poétiques, monde de saveurs subtiles qui réjouissent l’âme et le corps, a cédé la place à « la bouffe » qui désigne cette matière surabondante, frelatée, manipulée, polluée, cause d’un désabusement où les biens de la terre ne nous parviennent plus comme des offrandes que chaque saison nous apporte en temps et lieux les plus propices.


On commence enfin à faire le rapprochement de cause à effet entre la nourriture et le véritable fléau des pathologies dites de civilisation qui, en dépit de nos connaissances, de nos équipements médicaux les plus sophistiqués, ne cessent de s’étendre. La nourriture, l’air, l’eau, attributs fondamentaux de la vie, garants de la vie depuis les origines, deviennent peu à peu les complices de la mort. Faut-il encore et encore rappeler qu’il sera toujours, et quoi que l’on fasse, impossible d’avoir une nourriture de grande qualité sans comprendre, respecter et soigner la terre qui la produit ? Répondre aux nécessités de notre survie tout en respectant la vie sous toutes ses formes est à l’évidence le meilleur choix que nous puissions faire si nous ne voulons pas être exposés à des famines sans précédent.


C’est pourquoi il est selon nous d’une importance décisive que l’agroécologie que nous préconisons, enseignons et appliquons depuis plusieurs décennies se répande dans le monde entier. S’appuyant sur un ensemble de techniques inspirées de processus naturels comme le compostage, le non retournement du sol, l’utilisation de purins végétaux, les associations de cultures…etc., elle permet aux populations de regagner leur autonomie, sécurité et salubrité alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers.Parce qu’elle est fondée sur une bonne compréhension des phénomènes biologiques qui régissent la biosphère en général et les sols en particulier, elle est universellement applicable.


La pratique agroécologique a le pouvoir de refertiliser les sols, de lutter contre la désertification, de préserver la biodiversité, d’optimiser l’usage de l’eau. Elle est une alternative peu coûteuse et adaptée aux populations les plus démunies. Par la revalorisation des ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions et responsables d’une véritable chorégraphie de l’absurde où des denrées anonymes parcourent chaque jour des milliers de kilomètres plutôt que d’être produites sur place. Enfin, elle permet de produire une alimentation de qualité, garante de bonne santé pour la terre et ses enfants.


Par ailleurs, l’agroécologie bien comprise peut être à la base d’une mutation sociale. Elle est une éthique de vie qui introduit un rapport différent entre l’être humain, sa terre nourricière et son milieu naturel et permet de stopper le caractère destructeur et prédateur de cette relation.


C’est ainsi qu’elle représente pour nous bien plus qu’une simple alternative agronomique. Elle est liée à une dimension profonde du respect de la vie et replace l’être humain dans sa responsabilité à l’égard du vivant. Bien au-delà des plaisirs superficiels toujours inassouvis, elle lui permet de retrouver la vibration de l’enchantement, le sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées.

vendredi 19 mars 2010

Lecture...





Un des premiers livres écrits avec brio par un véritable indien, qui nous raconte la conquête de l'OUEST vu par ceux qui l'ont subi. Dans un style pur, clair, non plaintif, l'auteur Dee Brown, nous narre une grande part de l'histoire américaine et amérindienne.

A lire absolument pour comprendre l'histoire d'un peuple spolié et parqué.


Savoir qu'on appartient à un lieu

Chaque parent connaît la réponse d'un jeune enfant lors de sa première rencontre avec une fleur ou un papillon (ou une araignée, un serpent dans notre cas). Il n'a pas de répulsion ou de dégoût -il y a attraction et fascination immédiate.

Souvent, l'enfant se précipitera pour toucher. Cette curiosité est une particularité prévisible de nos enfants. Si vous avez déjà observé un enfant jouant avec un chien ou un chat, vous avez été témoins d'une profonde expression de relations - un besoin de l'autre, de l'animal.

Cependant nous soumettons nos enfants à un lavage de cerveau avec un message très différent : avec notre arsenal d'armes chimiques pour combattre et soumettre la nature dans nos maisons et nos jardins, nous apprenons à notre jeunesse à éprouver peur et dégoût pour le monde naturel. En agissant ainsi, nous instillons un sentiment d'isolation, ou de séparation des autres êtres vivants, pour que nos enfants trouvent leur place dans un monde de fermes et de villes industrielles. Avec pour résultat la perte de notre sens d'appartenance à un lieu qui nous maintenait en harmonie avec le reste de la nature. Maintenant, libérés des contraintes, nous assaillons l'écosystème avec toutes les caractéristiques d'un cancer dans un corps physique.

De ce point de vue, nos activités habituelles, détruisant la diversité biologique sur la planète, peuvent être perçues comme l'expression d'une psychose collective : l'illusion qu'en soumettant la nature, nous "contrôlons", "améliorons" et "progressons".

Nous avons désespérément besoin d'une nouvelle compréhension de notre relation avec les autres formes de vie.

Cela est possible. Il y a quelques années, je demandai à un artiste Haida ce qui arriverait à son peuple si les grands arbres des îles de la Reine Charlotte étaient abattus. Sa réponse m'électrisa : "Je pense que nous serions comme les autres." Il poursuivit en parlant d'une manière émouvante de sa parenté avec le corbeau. La spiritualité et le sentiment de relation profonde entre la terre des autochtones et ses habitants nous offrent une réelle opportunité de soigner nos maux qui résultent de notre rupture d'avec la nature.
 
David Suzuki (texte trouvé dans le blog : sur le dos de la tortue)

mardi 9 mars 2010

Toutes les choses vont par deux.

Dans notre esprit nous sommes deux -le bon et le mauvais. Avec nos yeux nous voyons deux choses- ce qui est beau et ce qui est laid... Nous avons une main droite qui frappe et fait le mal, et une main gauche pleine de bonté, près du coeur. Un pied nous conduit vers le mal, l'autre vers le bien. Ainsi toutes les choses vont par deux, tout va par deux.

Eagle Chief (Letakots-Lesa) fin 19e siècle. Pawnee

vendredi 5 mars 2010

Vive le tourisme !!!

Envie d'exotisme ??!!.......................

Séjour-Promo en Indonésie.............

- Voir ci-dessous c'est affolant ! C'est bien plus qu'un désastre, c'est l'extermination d'un peuple dans le silence des Nations !!!!!!

- Et on croit que la terre va encore nous supporter longtemps?

- Comment voulez-vous vivre sur la terre si on la détruit ainsi ?

- Le fleuve Citarum, situé à l'ouest de l'ile de Java, en Indonésie.

- Croyez vous que ce pays s'intéresse a l'écologie ??????

- Tous ces détritus vont à la mer, en contaminant tout ce qui se trouve sur leur passage....
..........Combien de poissons vont mourir aujourd'hui ?
..........Combien de personnes vont mourir demain ?

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"La Terre n'a rien à faire du temps humain, elle a tout le temps pour elle. Dans mille ans, l'eau empoisonnée sera redevenue propre, l'air asphyxié de nouveau limpide...

Il n'y a que l'homme blanc (ps : malheureusement cette couleur a déteint partout dans le monde), dans son délire de grandeur pour penser qu'il peut détruire la Terre. Mais tout ce qu'il est capable de faire c'est de détruire sa capacité à vivre sur la Terre."

John Trudell. Activiste du 20e siècle.
Extrait del'article de Solveig Anspach et Antoine Dulaure.
L'autre Journal N°6, novembre 1990.
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jeudi 4 mars 2010

Lecture...

Traduit de l'anglais après avoir été réécrit en lakota, pour rester fidèle au style, à la structure, à la pensée, à l'idiome Siouan, ce texte, au delà de la fiction, est une oeuvre littéraire et historique remarquable. ''Hanta Yo est l'histoire d'une famille d'Indiens titonwans, entre 1750 et 1830, à une époque où leur civilisation millénaire conserve encore toute sa pureté mais apparaît déjà menacée par l'apparition des premiers pionniers. Le récit s'inspire de chroniques illustrées retraçant sur une peau de bison la vie du clan au fil des saisons. Une succession presque ininterrompue de scènes de chasse et de guerre colore le récit, avec une précision, un éclat, une vigueur exceptionnels. Mais au-delà de ce pittoresque attendu, l'ouvrage nous fait revivre pour la première fois de l'intérieur la vie quotidienne des Premiers Américains telle qu'elle demeurait encore il y a quelques décennies, inchangée depuis le fond des âges''.
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A la mort de ses parents, Petit Arbre avait 5 ans et ses grands-parents Cherokees vinrent le chercher pour l'emmener vivre dans la cabane en rondins qu'ils habitaient dans les montagnes du Tennessee. Grand-Père, analphabète, gagnait un peu d'argent en distillant clandestinement du whisky. Grand-mère, qui savait lire, elle, insista pour apprendre à Petit Arbre cinq mots nouveaux par semaine dans le dictionnaire. Et puis, il y avait le merveilleux livre de la nature, grand ouvert : les végétaux qui parlent, les animaux qui sont des égaux, le cycle des saisons qui se déroule avec ses rites et ses secrets...'' Un livre exceptionnel de cet auteur cherokee qui s'inspira de son enfance en face de citadins ignorants et vaniteux qui prétendent imposer aux Indiens des contraintes absurdes ainsi d'envoyer Petit Arbre dans une école "à déculturation" où il sera battu. Mais face à l'adversité, Petit Arbre-Forrest Carter saura puiser en lui une force intérieure grâce à l'affection et aux enseignements de Grand-Père. Un livre de joies et de larmes.

mardi 2 mars 2010

Chef Dan Georges

Je suis né il y a mille ans..."


Lettre ouverte de Dan George, chef des Indiens capilanos.

Cette lettre est de Dan George, chef indien des Capilanos, tribu de la Colombie britannique (Canada).Elle a été lue, lors d'un congrès consacré au développement économique de l'Arctique et à l'avenir des sociétés esquimaudes, par le père André-Pierre Steinmann, de Puvirnituq, Nouveau-Québec, qui a vécu plus de trente ans avec les Esquimaux. La lettre de Dan George, a-t-il déclaré, reflète parfaitement l'état d'esprit des Esquimaux du Groenland, du Québec et des territoires du Nord-Ouest.

Mes très chers amis,

Je suis né il y a mille ans, né dans une culture d'arc et flèches; et dans l'espace d'une demi-vie humaine, je me suis trouvé dans la culture de l'âge atomique, mais d'arc, et flèches à la bombe atomique, il y a une distance plus grande que le voyage vers la Lune.

Je suis né à une époque qui aimait les choses de la nature et leur donnait de beaux noms comme Tessoualouit, au lieu de noms desséchés comme Stanley Park. Je suis né à une époque où les gens aimaient toute la nature et lui parlaient comme si elle avait une âme.

Je me souviens qu'étant très jeune, je remontais l'lndian River avec mon père. Je me le rappelle admirant le soleil qui se levait sur le mont Pé-Né-Né ; il lui chantait sa reconnaissance, comme il le faisait souvent, avec le mot indien " merci " et beaucoup de douceur.

Et puis, du monde, est venu, de plus en plus de monde, comme une vague déferlante, et je me suis soudainement trouvé au milieu du 20e siècle. Je me suis trouvé moi-même et mon peuple flottant à la dérive dans cette nouvelle ère ; nous n'en faisions pas partie, engloutis par sa marée saisissante, comme des captifs tournant en rond dans de petites réserves, dans des lopins de terre, honteux de notre culture que vous tourniez en ridicule, incertains de notre personnalité et de ce vers quoi nous allions.

Pendant quelques brèves années, j'ai connu mon peuple vivant la vieille vie traditionnelle, alors qu'il y avait encore de la dignité. Je les ai connus quand ils avaient une confiance tacite dans leurs familles et qu'ils avaient une certaine notion de ce qu'était le cheminement de leur vie.

Malheureusement, ils vivaient dans l'agonisante énergie d'une culture qui perdait graduellement son élan vital. Nous n'avons pas eu le temps de nous ajuster à la croissance brutale qui nous entourait ; il semble que nous ayons perdu ce que nous avions sans que cela soit remplacé. Nous n’avons pas eu le temps d'aborder le progrès du 20e siècle, petit à petit, ni de le digérer.

Savez-vous ce que c'est que d'être sans pays ? Savez-vous ce que c'est que de vivre dans un cadre laid ? Cela déprime l'homme, car l'homme doit être entouré de la beauté dans laquelle son âme doit grandir.

Savez-vous ce que c'est que de sentir sa race écrasée et d'être acculé à prendre conscience qu'on est un fardeau pour le pays ? Peut-être n'étions-nous pas assez malins pour apporter une participation pleine de signification, mais personne n'avait la patience d'attendre que nous puissions suivre. Nous avons été mis à l'écart parce que nous restions sans réagir et incapables d'apprendre.

A quoi cela ressemble-t-il de n'avoir aucun orgueil de sa propre race, de sa famille, aucun amour-propre, aucune confiance en soi ? Vous ne pouvez pas le savoir parce. que vous n'avez jamais tâté cette amertume. Mais je vais vous le dire: on ne fait aucun cas du lendemain, car qu'est--ce que demain ? On est dans une réserve, c'est-à-dire dans une sorte de décharge publique parce qu'on a perdu dans son âme tout sentiment du beau.

Et maintenant, vous me tendez la main... et maintenant, vous me demandez d'aller à vous. " Viens et intègre-toi ! " c'est ce que vous dites. Mais comment venir ? Je suis nu et couvert de honte. Comment venir avec dignité ? Je n'ai pas de présence, je n'ai rien à donner. Qu'appréciez-vous dans ma culture- mon pauvre trésor ? Vous ne faites que le mépriser. Vais-je venir à vous comme un mendiant et tout recevoir de votre main toute-puissante ?

Quoi que je fasse, je dois attendre, trouver des délais, me trouver moi-même, trouver mon trésor, attendre que vous désiriez quelque chose de moi, que vous ayez besoin d'un quelque chose qui est moi. C'est alors que je pourrai dresser la tête, dire à ma femme, à mes enfants: a Ecoutez, ils m'appellent, ils me veulent, je dois y aller. "

Alors, je pourrai changer de trottoir, la tête haute, car j'irai vous parler sur un pied d'égalité. Je ne vous mépriserai pas pour votre paternalisme, mais vous ne me ferez pas l'aumône. Votre aumône, je peux vivre sans elle, mais ma condition humaine, je ne saurais vivre sans elle. Je ne ferai pas de courbettes devant vos aumônes. Je viendrai avec dignité ou je ne viendrai pas du tout. Vous employez le grand mot d' " intégration " dans les écoles. Cela existe-t-il vraiment? Peut-on parler d'intégration avant qu'il y ait l'intégration sociale, celle des cœurs et celle des esprits ? Sans cela, on a juste la présence des corps, les murs sont aussi hauts que les montagnes.

Accompagnez-moi dans la cour de récréation d'une école où l'on prétend que règne l'intégration. Voyez comme son asphalte noire est unie, plate et laide; alors, regardez : c'est l'heure de la récréation, les élèves se précipitent par les portes. Voilà alors deux groupes distincts : ici, des élèves blancs et là-bas, prés de la barrière, des élèves autochtones.

Et puis, regardez encore, la cour noire, unie, ne l'est plus : les montagnes se dressent, les vallées se creusent; un grand vide s'établit entre les deux groupes, le vôtre et le mien, et. personne ne semble capable de le franchir.

Attendez, bientôt la cloche va sonner et les élèves vont quitter la cour. Le mélange des élèves se fait dedans parce que dans une classe, il est impossible de trouver un grand vide, les êtres sont devenus petits, rien que de petits êtres; les grands, on n'en veut pas, du moins, pas sous nos yeux. .

Ce que nous voulons ? Nous voulons avant tout être respectés et sentir que  notre peuple a sa valeur, avoir les mêmes possibilités de réussir dans l'existence, mais nous ne pouvons pas réussir selon vos conditions, nous élever selon vos normes, nous avons besoin d'une éducation spéciale, d'une aide spécifique pendant les années de formation, des cours spéciaux en anglais, nous avons besoin d'orientation et de conseils, de débouchés équivalents pour nos diplômes, sinon nos étudiants perdront courage et se diront: " A quoi bon!

Que personne ne l'oublie: notre peuple a des droits garantis par des promesses et des traités. Nous ne les avons pas demandés et nous ne vous disons pas merci. Car, grand Dieu, le prix que nous les avons payés était exorbitant: c'était notre culture, notre dignité et le respect de nous-mêmes. Nous avons payé, payé, payé jusqu'à en devenir une race blessée, percluse de pauvreté et conquise.

Je sais que dans votre cœur, vous voudriez bien m'aider. Je me demande . si vous pouvez faire beaucoup. Eh bien! oui, vous pouvez faire une foule de choses. Chaque fois que vous rencontrerez mes enfants, respectez-les pour ce qu'ils sont : des enfants, des frères.
.

Une étincelle


Tout incendie
Commence par une étincelle
Celui qui brûle
Comme celui qui irradie
Celui qui nous éveille
Comme celui qui nous détruit
……
Veille à tes pensées
Elles éclairent
Comme elles obscurcissent le monde

……
Chaque matin
Cherche l’étincelle, l’éclair,
Qui allume en toi le jour…
Nous ne sommes pas nés seulement pour voir les choses
Mais pour voir le jour dans lequel nous apparaissent les choses
Beaucoup meurent sans avoir jamais « vu le jour »

Jean-Yves Leloup

Lecture...

Ce récit à la première personne, recueilli par William S. Lyon, fut salué par la critique et les spécialistes en anthropologie comme l'une des contributions les plus importantes et les plus pures sur le chamanisme et la spiritualité des Indiens d'Amérique de cette deuxième partie du XXè siècle. Il restitue tout l'humour, le charme et la philosophie de Wallace. Ce dernier y parle de Tunkashila, du Grand Esprit, de la Terre Mère, et décrit les expériences étonnantes qu'il a connues, ainsi que les êtres spirituels avec lesquels il communique pendant les cérémonies de la Pipe Sacrée et de la Sweat-lodge. Son style informel plonge le lecteur dans une réalité où les frontières de l'esprit, de l'âme et de la matière sont pulvérisées.

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lundi 1 mars 2010

Pensée


"Ne pouvant produire sans épuiser, détruire et polluer, le modèle dominant contient en fait les germes de sa propre destruction et nécessite d'urgence des alternatives fondées sur la dynamique du Vivant ".

Pierre Rabhi