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Choisir sa langue

jeudi 27 mai 2010

Lecture...

15 clés pour lâcher prise

3ème clé


Les conseils d’un professionnel très cool

• Vivre et lâcher prise, Guy Finley, éd. de L’Homme


Cet autre livre de Guy Finley, malicieux conseiller ès savoir vivre, à la fois fin psychologue et compagnon spirituel expérimenté, démarre par une invitation simple : retrouvons l’attitude que nous avions, enfant, face au mystère de la vie. À cette époque, posez-vous la question : qu’est-ce qui nous ne apparaissait pas mystérieux ? Tout l’était ! L’immensité et la variété du monde. Les formes. Les couleurs. Les odeurs. Les motivations très étranges des adultes. Leurs voix. La forme extraordinaire de leurs visages. Tout, strictement tout était fabuleusement vivant, étrangement en relief, mystérieusement intense. Et si cela nous faisait parfois peur, la folle présence que cela impliquait était telle, que chaque instant avait quelque chose d’éternel. Et l’idée qu’il aurait fallu « expliquer » tout ça monde ne nous effleurait pas. Nous voulions certes comprendre, mais pas réduire l’immensité de l’inconnu à quelques critères secs. Nous nagions dans le merveilleux. Nous vivions. Et en cela, nous étions de grands sages. Beaucoup plus proches de la réalité que les adultes réducteurs que nous sommes parfois devenus. Face aux mystères infinis de la vie, nous nous cabrons désormais et refusons de lâcher prise. Et si c’était cela qui nous rendait malades, stressés, rabougris ? Pour Guy Finley, le salut est dans la redécouverte du mystère infini qui porte un nom : le Soi, c’est-à-dire cette part du divin qui palpite au fond de chacun, à 100% indépendant (mais nous avons du mal à le comprendre) de toutes les circonstances, y compris des pires souffrances.

Agrémenté d’anecdotes et récits intrigants, ce livre grouille d’idées stimulantes et s’adresse à quiconque aimerait mieux se connaître et guérir intérieurement.

lundi 24 mai 2010

 Parle à la Terre...



Ces paroles ne viennent pas du Continent de la Tortue... Elles sont là pour nous permettre de réfléchir sur notre intérêt pour les amérindiens. Ne faudrait-il pas que nous retrouvions nos propres rituels?


Avant de cueillir les plantes il fallait implorer la terre: "O toi par qui s'endort la nature, toi qui fais fuir le jour et amènes la nuit, toi qui nous caches le soleil... qui engendres toutes les herbes et les donnes aux humains pour la guérison"...


On s'adressait ensuite à la plante : "Celle qui vous a créée avec vos propriétés salutaires veut bien que je vous cueille..." On répétait trois fois l'incantation."


Il fallait effectuer la cueillette au moment où la Lune était couchée et quand le Soleil n'était pas encore levé.


Après quoi il fallait apaiser la Terre par l'offrande d'un rayon de miel ou en déposant comme rançon un grain de blé ou d'orge dans le trou de l'arrachage". (La Laurencie 1931)

 Extrait de "Guérisseurs et Remèdes dans la France Ancienne Cévennes/Vivarais" de Pierre Ribon. Editions Horvath.

jeudi 20 mai 2010

Pétition : Je soutiens "Un jour sans viande par semaine dans les cantines de la CUS (Communauté urbaine de Strasbourg)"




Recettes végétariennes : Pour cuisiner dans la non violence et la paix


Par Marjolaine Jolicoeur
(article pris sur : Buddhaline moins les recettes)

TOFU BOUDHISTE

La fève soya fut découverte voilà plus de 5 000 ans. L’art de faire coaguler le lait de soya pour en faire du tofu remonte à 164 ans avant J.C Le célèbre Liu an de Juai-Nan, philosophe, politicien et féru d’alchimie et de méditation taoïste , expérimenta avec le soja afin d’introduire un élément nouveau dans l’alimentation végétarienne de ses amis taoïstes.

Boddhidharma, fondateur chinois de la secte Ch’an (Zen) vers 520 après J.C appréciait le tofu pour sa simplicité, son honnêteté et sa "merveilleuse robe blanche"

Le tofu est intimement lié à l’expansion du bouddhisme hors de la Chine. Vers le VIe siècle après J.C., des moines chinois apportèrent avec eux le fromage de soya et ouvrirent plusieurs échoppes de tofu dans les temples et les monastères. Au début du XIIe siècle , les cinq plus grands temples bouddhistes Zen du Japon avaient à l’intérieur de leurs murs des restaurants végétariens servant de multiples préparations au tofu. Jusqu’au XIIIe siècle, toutes les échoppes japonaises de tofu étaient la propriété exclusive de moines bouddhistes. On raconte qu’après leur conversion au bouddhisme Zen, la caste des guerriers, celle des samouraïs, délaissa le poisson pour faire du tofu son menu quotidien. Le déjeuner typique du samouraï se composait alors de soupe où flottait des cubes de tofu frits dans un bouillon de miso.

Le maître Zen Inge, lors de son arrivée au Japon en 1661, fut surpris de trouver du tofu d’une consistance différente de celle du tofu chinois.
Devant ce tofu nouveau genre il médita et composa ces quelques lignes :
Mame de \ Shikaku de \ Yamaraka de/
Chaque ligne a un double sens :

- Fait de fèves soya / ou /  pratiquer la vigilance
- Carré et bien coupé / ou / être authentique et honnête
- Et doux / ou / avoir bon coeur


Le soya contient du manganèse, du fluor, de la caséine, du fer, du zinc, du cuivre, du potassium, du soufre, du phosphore, du magnésium , du calcium, les vitamines E,K,A,B1,B2, de l’acide panthotéique, et de l’acide linoléique. La teneur en protéine du soya est supérieure à celles de la viande et offre une combinaison parfaite de 8 acides aminés essentiels.

Le tofu renferme dix fois plus de calcium que la viande. C’est l’aliment le plus riche en lécithine, après le jaune d’oeuf.

Sur une même surface, on peut cultiver 25 fois plus de soya que de viande.

Un acre pour l’élevage du boeuf nourrit 1 personne pendant 77 jours. Un acre de soya nourrit 1 personnes pendant 2,224 jours.
 
 
 
 

lundi 17 mai 2010

Trouvé sur le site : onevoice

Sentience des animaux : Sensibilité et conscience des animaux sauvages


Qu’ils soient grands singes, éléphants ou même oiseaux, les animaux sauvages sont doués d’une intelligence restée longtemps méconnue. Chaque nouvelle découverte scientifique vient brouiller un peu plus la frontière factice que certains ont tenté de tracer entre les humains et le règne animal. Bientôt, il faudra accepter d’y faire face et remettre en question nos pratiques – souvent discutables – qui leurs causent tant de souffrance…



Sentience « […] en français il nous manque un mot pour désigner la chose la plus importante du monde, peut-être la seule qui importe : le fait que certains êtres ont des perceptions, des émotions, et que par conséquent la plupart d'entre eux (tous ?) ont des désirs, des buts, une volonté qui leur sont propres. Comment qualifier cette faculté de sentir, de penser, d'avoir une vie mentale subjective ? Les Anglo-Saxons ont le nom sentience (et l'adjectif sentient) pour désigner cela […]. » À la suite d’Estiva Reus dans Les Cahiers antispécistes (CA n° 26, novembre 2005), One Voice utilisera ce néologisme pour combler la lacune de la langue française…

Voir aussi notre article sur la sentience chez les animaux de ferme.







Une évasion réfléchie

Une anecdote concernant les grands singes suggère cette conclusion : « Si l’on donne un tournevis à un chimpanzé, il le lancera à quelqu’un. Si l’on donne un tournevis à un gorille, il se grattera avec. Mais si l’on donne un tournevis à un orang-outan, il se libérera de sa cage. »

Dans un zoo australien, en mai 2009, une femelle orang-outan de 27 ans nommée Karta s’est évadée de son enclos en faisant preuve d’une ingéniosité remarquable. Karta a provoqué un court-circuit dans la clôture électrique en tordant les fils à l’aide d’un bâton, puis elle a entassé des débris et des branchages pour pouvoir grimper sur un mur de béton et de verre. Le zoo a été évacué et les gardiens, armés de fusils à cartouches anesthésiantes, se sont préparés à lui tirer dessus. Mais après avoir goûté à un moment de liberté, Karta a pris un air penaud, comme si elle savait qu’elle avait fait quelque chose de mal, et elle est retournée dans son enclos.

Pour le responsable du zoo, Paul Whitehead, l’évasion de Karta est la preuve de son intelligence : elle « a souvent essayé d’être plus maline [que nous] et elle a obligé de nombreux gardiens à effectuer des heures supplémentaires ». Il ajoute que son enclos aurait maintenant besoin d’être « élagué » !

La fabrication d’outils à l’état sauvage

Les responsables des zoos s’efforcent de recréer au sein des enclos un habitat naturel et attrayant pour des animaux comme Karta. Mais il est difficile de satisfaire les besoins d’individus ayant des facultés cognitives aussi développées.

À Sumatra, les orangs-outans à l’état sauvage ont l’habitude d’utiliser des outils pour des raisons variées : ils cassent un rameau, en ôtent les brindilles sur toute sa longueur, en effilent l’extrémité et l’enfoncent dans les termitières pour en retirer le contenu. Ils se servent aussi de bâtons pour récolter du miel ou pour ôter les fibres rêches autour d’un fruit avant de le manger. Dans les zoos, on voit souvent les gorilles utiliser des outils, notamment des bâtons, pour atteindre ou récolter quelque chose. Ils s’en servent aussi comme armes. Ils mâchonnent des feuilles pour en faire des éponges et se servent de gros bâtons comme de barreaux d’échelle. Les chimpanzés se servent même d’armes quand ils chassent des petits mammifères.

La fabrication d’outils était autrefois considérée comme une caractéristique humaine. Mais plusieurs espèces fabriquent des outils, notamment les corbeaux de Nouvelle-Calédonie. Une étude publiée en mai 2009 dans les comptes-rendus de la revue de l’Académie nationale des Sciences américaine rend compte d’observations concernant quatre corbeaux freux maintenus en captivité à l’université de Cambridge. Ces corbeaux ont confectionné des crochets pour attraper des vers dans un tube. Ils ont aussi su choisir des cailloux ayant une taille adaptée pour passer à travers des tuyaux de diamètres variés et faire ainsi basculer une plate-forme libérant de la nourriture. L’auteur principal de cette étude, Christopher Bird, a déclaré : « Nous avons constaté qu’ils étaient capables de choisir parmi une diversité d’outils ceux qui étaient les plus appropriés et qu’ils faisaient preuve de souplesse dans les types d’outils utilisés (1). »

Alex Kacelnik, professeur d’écologie comportementale à l’université d’Oxford a mené des recherches sur l’utilisation des outils chez les corbeaux de Nouvelle-Calédonie. Selon lui, le fait que l’on observe ce type de comportement exceptionnel chez des oiseaux est révélateur. « Cela signifie que l’évolution peut inventer plus d’une fois des formes similaires d’intelligence poussée : ce n’est pas une chose réservée aux seuls primates ni aux seuls mammifères. »







Joie et peine

Des études scientifiques ont également montré que les animaux ép rouvaient des émotions, y compris celles auparavant considérées comme exclusivement humaines telles que la joie, l’amour et la peine. Joyce Poole, spécialiste des éléphants, a fait état d’une mère ayant perdu son nouveau-né : « En observant la façon dont Tonie veillait sur son nouveau-né mort, j’ai eu pour la première fois la conviction que les éléphants pleuraient. Je n’oublierai jamais l’expression de son visage, ses yeux, sa bouche, la position de ses oreilles et de sa tête et sa posture. Tout, en elle, indiquait le chagrin. »

Selon Poole, « il est difficile d’observer le comportement remarquable des éléphants » lors de retrouvailles en famille, d’une naissance ou d’un accouplement « sans imaginer qu’ils éprouvent des émotions très marquées qu’on ne saurait mieux qualifier qu’en utilisant les termes de joie, de bonheur, d’amour, d’amitié, d’exubérance, d’amusement, de plaisir, de compassion, de soulagement et de respect. »

En août 2008, le chagrin de Gana, une femelle gorille du zoo de Münster, en Allemagne, a tiré des larmes au public. Son fils âgé de trois mois, Claudio, est mort dans ses bras. Pendant des heures, Gana l’a porté, l’a bercé et lui a donné des petits coups, peut-être dans l’espoir de pouvoir redonner du mouvement à sa tête pendante et à ses bras ballants. Une Britannique a écrit ce commentaire en ligne : « D’une mère endeuillée à une autre : Gana, tu es dans mes pensées. Mon petit garçon est mort en juin dernier et c’est une chose qu’on ne pourrait souhaiter à aucune forme de vie. »







Comprendre un langage et s’en servir

Des éléments probants indiquent que dans leur utilisation de symboles pour communiquer, les animaux montrent une réelle compréhension. Koko, une femelle gorille élevée en captivité, a appris des milliers de mots anglais. Elle a le niveau mental d’un enfant de trois ans. Koko a obtenu 70-95 à des tests de QI conçus pour les enfants humains et s’est montrée capable d’inventer de nouveaux signes pour dire par exemple « mordre », « chatouiller » ou « stéthoscope ». Elle est capable de dire quels sont les mots qui riment ensemble. Elle comprend l’ordre des mots lorsque cet ordre est indispensable à la compréhension de la phrase, et elle est capable de décrire ses propres émotions : un jour, ayant mordu quelqu’un, elle a semblé s’excuser en formant par signes les messages « mal mal » et « désolée mordre égratignure » (2) .

Alex, un perroquet gris du Gabon (3) auquel Irene Pepperberg a consacré ses travaux pendant trente ans, savait distinguer et utiliser des catégories de matériaux, des couleurs, des formes et des nombres. Quand on lui montrait deux nouveaux objets, il était capable d’indiquer lesquelles de leurs propriétés étaient semblables ou différentes (p.ex. la couleur, la forme, la matière). Selon Irene Pepperberg, les capacités émotionnelles d’un perroquet gris seraient celles d’un enfant humain de deux ans et demi, et ses capacités cognitives celles d’un enfant de cinq ans, un fait important à prendre en compte avant d’en acheter comme animal de compagnie car selon elle, « c’est comme acheter un petit enfant »…







La tromperie chez les animaux

Le recours à la tromperie chez les animaux est la preuve qu’ils ont conscience d’eux-mêmes et du fait que les autres animaux puissent croire et avoir des intentions. Frans de Waal, professeur de psychologie à l’Université d’Emory à Atlanta, aux États-Unis, a décrit dans ses ouvrages Chimpanzee Politics et Good-Natured la façon dont les grands singes usaient de tromperie entre eux en changeant d’expression faciale, en faisant celui qui ne remarque rien quand un autre individu met leurs nerfs à l’épreuve en tentant de les intimider, ou en dissimulant une relation sexuelle à l’approche d’un mâle dominant. Les chimpanzés recourent aussi à la tromperie vis-à-vis d’un rival quand une agression n’a pas réussi, en simulant une attitude bienveillante, en faisant des gestes de conciliation puis en mordant leur victime avec férocité une fois qu’elle est à leur portée.

La moralité chez les animaux

Les travaux de Frans de Waal ont aussi mis récemment en évidence le fait que certains animaux comprennent la notion d’équité. Après avoir réussi des tâches simples, des singes et des grands singes ont reçu des récompenses constituées de quantités de nourriture variées. Ils ont protesté avec force à chaque fois que d’autres étaient mieux récompensés qu’eux pour avoir réussi les mêmes tâches. À maintes reprises, les singes défavorisés ont boudé et ont refusé de participer plus longtemps aux expériences…

D’autres travaux ont mis en évidence des exemples de comportement altruiste chez les chimpanzés. Ces derniers sont capables d’aider des humains et de s’entraider spontanément, même en l’absence de toute récompense. D’autres travaux ont montré que les primates se souvenaient des individus qui les avaient bien traités et qu’ils s’efforçaient de le leur rendre.

« Je n’affirme pas que les primates non humains sont des êtres moraux, explique De Waal, mais on a suffisamment de preuves que d’autres espèces que la nôtre adhèrent à des règles sociales pour pouvoir admettre que certains éléments constitutifs de la moralité humaine sont présents chez eux.

Des êtres sensibles dont l’exploitation par les humains pose un problème

Le fait que la science nous apporte sans cesse de nouvelles informations sur les espèces non humaines devrait être lourd de conséquences sur la manière dont les humains les traitent. Peut-on garder ces espèces – des êtres sensibles qui pensent, qui sentent et qui, dans une plus ou moins large mesure, ont des émotions semblables aux nôtres – en captivité dans des zoos et dans des laboratoires ?

Comme l’explique Eleonor Boyle dans une étude sur les neurosciences et la sensibilité des animaux publiée en 2009, « paradoxalement, un certain nombre de travaux démontrant que les animaux sont sensibles et conscients ont été réalisés en utilisant des animaux en captivité, entre autres des primates. Les résultats de ces travaux soulèvent des questions concernant l’exploitation des animaux par les humains, dans la recherche comme dans d’autres domaines tels que l’agriculture. Les conclusions auxquelles on parvient suggèrent le besoin de trouver des méthodes scientifiques qui ne soient pas autant dépendantes de l’utilisation de sujets animaux et soulignent la nécessité d’une attention accrue à la sensibilité des animaux (4) . »

AGIR

Pour nous aider à alerter le public quant au sort des animaux et initier un changement de comportement à leur égard, vous pouvez commander et diffuser autour de vous nos cartes sur la Sentience des animaux.


(1) Voir la vidéo à l’adresse: http://www.admin.cam.ac.uk/news/dp/2009052603

(2) Voir : http://www.koko.org/

(3) Alex est mort en 2007, à l’âge de 31 ans. http://www.alexfoundation.org/

(4) Boyle, E. (2009) Neuroscience and Animal Sentience www.animalsentience.com
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Le meilleur ami de l'homme....


Transformé en appât vivant pour la pêche aux requins...............


APPATS POUR REQUIN

dimanche 16 mai 2010

Lecture...

15 clés pour lâcher prise

2ème clé



Les conseils d’un professionnel très cool

• Les Clés pour lâcher prise, Guy Finley, éd. de L’Homme.

Guy Finley n’a pas son pareil pour vous démontrer - par la logique, par les métaphores et par une série d’exercices - que vous êtes fondamentalement fait pour vivre libre et en avez les moyens. De même que le dauphin est fait pour fendre l’océan - et non mijoter dans un aquarium -, de même que l’aigle est fait pour embrasser l’azur - et non se morfondre dans une cage -, l’humain est fait pour vivre libre et assumer ses désirs. Pourtant, vous êtes sans doute, comme nous tous, emprisonné par une multitude de liens, contraintes, obligations, dépendances, conformismes... Parmi toutes ces attaches, celles qui nous ligotent le plus ne sont pas, comme nous l’imaginons souvent, extérieures à nous. Notre vraie prison est intérieure, émotionnelle et mentale. Nous sommes, dit Guy Finley, tels ces hommes primitifs que l’on pouvait enfermer dans un cercle tracé par terre, simplement parce qu’on leur avait injecté la croyance que, s’ils le franchissaient, ils mourraient aussitôt. Vous voulez vous libérer du cercle de vos a priori ? Un guide expérimenté et joyeusement rusé.

mercredi 12 mai 2010


Le Pic St Loup et son voisin l'Hortus


 la Terre est belle ;  protégeons-la de la rapacité , de la convoitise, de la stupidité, de l'ignorance, de l'aveuglement........
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mardi 11 mai 2010

Fait-elle envie ou bien pitié, je n'ai pas le coeur à le dire ! (Jean Ferrat)

Il y a des jours où le quotidien me devient insupportable, le banal et le répétitif m'emprisonnent ;  la médiocrité engendrée par le besoin de sécurité matérielle me conduit vers un état mi-dépressif, mi-résigné , un no man's land triste et gris coincé entre le bureau et la maison.

Lorsque la coupe est pleine, que tout mon être étouffe dans ce quotidien aliènant, je m'évade au volant de ma voiture, parcourant les petites routes, les chemins,  en quête de paysages aussi sauvages et isolés que possible ; je recherche alors dans ces lieux, ignorés d'une grande majorité des humains, la solitude ; un état étrange fait de jubilation, d'angoisse, de contemplation, d'extase .
Je m'enfonce dans la garrigue suivant des sentiers cachés dans les bois, suivant parfois des sentes tracés par des animaux, essayant de ressentir cette vie sauvage, faite de liberté et d'insécurité,  qui nous habite tous mais que nous enfouissons au plus profond de notre être civilisé, baillonné, anesthésié par des milliers d'années de servitude. C'est la rançon à payer au confort matériel, sanitaire, mais combien ce prix est élevé !

Le jeu en vaut-il la chandelle ? L'Homme est-il fait pour vivre isolé ou en groupe ?

N'est-ce pas la peur qui nous musèle et nous lie corps et âme à cette civilisation qui détruit l'homme et la planète : peur d'avoir faim, d'avoir froid, peur de vivre ou de  mourir seul, ,  ignoré de tous.....mais n'est-ce pas un leurre que de se croire entouré, aimé ? 
L'amour ne serait-il pas simplement son propre reflet que l'on perçoit dans l'autre ? l'amour ne serait-il qu'un besoin d'être rassuré ? de se croire protégé ?

L'hermite aurait-il raison : vivre seul, mourir seul...  mais libre...

Cela fait froid dans le dos...., seul..., mais malgré toute cette trame sociale que nous tissons tout au long de la vie, ne sommes nous pas en définitive seul avec nous-même ; le reste n'étant qu'une représentation théatrale que nous jouons et rejouons à perpétuité ?
Une illusion plus une illusion, plus une illusion....en définitive tout ne serait qu'illusion ; entre la naissance et la mort que faisons-nous de ce chemin à parcourir, de ce temps imparti et gâché, dilapidé en fioritures et inutilités...

Et cette peur, ne vient-elle pas de notre incapacité à communiquer avec les autres formes de vie, des plus proches de nous au plus éloignées ! incapacité qui nous coupe totalement du courant de la Vie....et de la compréhension de la Vie...

Femme Etoile
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lundi 10 mai 2010

Lecture...

15 clés pour lâcher prise
1ère clé


- L’invitation d’un promeneur épicurien

• Du bon usage de la lenteur - Pierre Sansot, éd. Rivages

Telle une armada de panzerdivisions, le monde court de plus en plus vite. Où court-il ? Nul ne le sait. Pourtant, nous sommes (presque) tous pris dans cette course insensée. Le pire, c’est que nous en sommes fiers. Malheur aux lents ! Ce sont des balourds, des idiots, des loosers !
 
Mais voilà qu’un amoureux de la lenteur se rebiffe. Un homme du sud, que le langoureux écoulement du Lot, aux méandres lovés entre les collines de Cahors, et la lumière paresseuse du soleil de septembre sur les derniers fruits de l’été, ont convaincu de ne jamais se laisser prendre au piège malade de la vitesse.
 
Flâner, Écouter, Rêver, Attendre, S’observer, Écrire, Boire, Bailler, Chantonner, Bercer, S’ennuyer même, sont quelques-uns des verbes clés de ce manifeste révolutionnaire en Moderato cantabile - tempo que l’auteur définit comme “la mesure plus que la modération”. Car son refus de la vitesse n’est nullement celui de la vivacité, ni du brio ou de la vista..
Il s’agit simplement de prendre le temps d’habiter les lieux où l’on vit. De s’y promener. D’apprendre à s’habiter soi-même, chacun à son rythme. De cesser enfin de jouer les fantômes fulgurants. Et cela prend du temps. Et conduit à imaginer une vie toute autre, plus proche des éléments naturels, que Pierre Sansot, écrivain débordant d’humour et d’affection, nous rappelle un à un, avec sagesse et simplicité.
 
Redécouvrir que « l’art du peu n’est pas peu de chose » est une tâche urgente. Une mission de salubrité publique. Et ce livre qui nous le chante, un bijou.
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Trouvé dans les dossiers de "Nouvelles Clès"

Jean-Yves LELOUP

dimanche 9 mai 2010

L'homme qui parlait avec les animaux

ÉMILE PLOCQ

(1873-1937)


Émile Plocq, né à Talmont en 1873, était horloger de métier, mais naturaliste de goût et d'instinct. «Peu d'hommes sans doute ont laissé une impression aussi profonde à ceux qui l'ont connu, et son pouvoir sur les bêtes était immense» dit Pierre Pellerin dans son ouvrage"Des hommes parmi les oiseaux" rapportant ses exploits.

Dès l'enfance, Plocq est d'une curiosité insatiable pour les animaux, notamment les oiseaux, surtout les hirondelles. Il passe tous ses loisirs à observer, étudier, surprendre, capturer, apprivoiser, essayer de comprendre des animaux de toutes sortes. Il écoute leurs cris et apprend à les imiter parfaitement.

Il peut demeurer immobile des heures à regarder une hirondelle construire son nid. Avec une patience sans faille, il se dissimule, épiant les moindres mouvements de l'oiseau le plus farouche, ses habitudes de vie.

Enfant, l'horloger entretenait déjà une forte complicité avec les hirondelles. Tout jeune, partant en manoeuvres avec son régiment, il avait recueilli de jeunes hirondelles qu'il nourrissait régulièrement en leur donnant des mouches.

Les hirondelles suivent le régiment

Les hirondelles l'adoptèrent et suivirent le régiment jusqu'en Bretagne puis revinrent avec lui à La Roche-sur-Yon, où elles s'installèrent dans sa propriété.

La porte de la boutique de l'horloger était toujours ouverte, ainsi que celles qui communiquaient avec son appartement et son arrière-cour, de sorte que, rapporte un témoin "les hirondelles traversaient le magasin et l'appartement et allaient de la rue à son jardin à chaque instant!"

Pour assouvir sa passion, il sait prendre tous les risques, côtoyant de près animaux venimeux, dangereux ou sauvages, malgré les mises en garde de ses proches et des professionnels de la nature qui suivaient ses travaux.

Pour augmenter ses collections, Plocq parcourt la Vendée, puis les différentes régions de France et l'Afrique du nord.

Il se fait grimpeur pour observer les aigles et les vautours, nageur et plongeur pour suivre les anguilles et les loutres dans leurs déplacements. Il réussit à éduquer certaines d'entre elles jusqu'à ce qu'elles aillent pêcher dans la rivière proche et lui en rapporter les poissons dans son salon, sautant sur ses genoux pour obtenir une caresse en échange de leurs proies encore frétillantes.

Il observe sans se lasser les comportements et les habitudes des espèces animales les plus diverses. Il traque les indices, note leurs marottes, assimile leur caractère, apprend leur langage et parvient à communiquer avec elles.

Il parvient ainsi à faire cohabiter toutes sortes d'oiseaux, non seulement ceux qui acceptent la compagnie et la domination de l'homme, mais encore ceux que l'on dit trop farouches pour les admettre : râles des genêts, perdrix, faucons. Cela n'empêche pas bien d'autres animaux de tomber sous son charme : serpents, tortues, lézards, martres, fouines, qu'il installe dans les différentes parties de son jardin de la rue des Sables, à La Roche-sur-Yon.

Les témoins se souviennent notamment d'un lièvre, dont ils assurent qu'il jouait du tambour, ou encore d'une couleuvre, aussi obéissante qu'un chien, venant s'enrouler autour de ses épaules et de son torse, de même qu'une fouine familière et docile qui le suivait partout.

Les anciens de la rue des Sables se souviendront longtemps de ce chouca apprivoisé avec lequel l'horloger communiquait à distance, dont il obtenait par une sorte de télépathie entre l'animal et l'homme la prédiction précise du temps qu'il ferait dans la semaine.

Imprudences

Au cours de ses recherches, Émile Plocq commit parfois des imprudences et subit quelques accidents. Mais cela ne le détourna jamais de sa quête.

Ainsi, dans les Hautes-Alpes où il observait de trop près le comportement d'un couple d'aigles autour du nid où se trouvait leur progéniture, les deux rapaces l'attaquèrent et réussirent à lui faire lâcher prise. Heureusement, sa corde le sauva d'une chute mortelle et il put regagner la vallée, blessé mais vivant.

Au Sahara, il attira un jour sous sa tente un scorpion et un aspic, redoutable vipère des sables, pour les observer et si possible les apprivoiser. Mais il fut piqué par l'un, mordu par l'autre et ne dut la vie sauve qu'aux connaissances empiriques d'un "marabout" guérisseur. Ce dernier lui apprit à "charmer" ces bêtes venimeuses dont il rapporta quelques spécimens vivants dans ses bagages, lors de son retour en Vendée.

La cinquantaine

Ce n'est que vers la cinquantaine que Plocq va pouvoir s'affranchir des impératifs matériels de la vie quotidienne, et se livrer entièrement à son rêve: apprivoiser et faire vivre en harmonie les bêtes les plus diverses.

Tous ces animaux étaient si parfaitement apprivoisés qu'ils pouvaient accompagner leur maître à la promenade sans jamais s'enfuir. "Spectacle étrange en vérité que celui d'un cycliste, près duquel trottine une martre, au-dessus duquel volent hirondelles et mouettes; spectacle fantastique lorsque le cycliste s'arrête et que les oiseaux viennent quêter auprès de lui quelque friandise."

La renommée de ses exploits franchit les limites de son département et attisa la curiosité des simples particuliers amis de la nature aux savants et aux chercheurs les plus connus.

Un jour, le prince Paul Murat, président de la Ligue pour la protection des oiseaux, bavardant avec Plocq sur les Champs-Élysées, vit l'horloger sortir de sa poche quatre hirondelles qu'il lâcha tranquillement. Quelques minutes plus tard, les oiseaux voletaient de nouveau autour d'eux, et quand leur maître eut sifflé d'une certaine manière, ils se posèrent tous les quatre sur sa main tendue. Plocq les remit alors dans sa poche, puis recommença l'expérience, plusieurs fois, au cours de leur promenade, au grand étonnement de son interlocuteur.

Quelques mois plus tard, Émile Plocq fut sollicité par Les Amis de la Nature de l'Ariège pour venir les aider à maîtriser une ourse terrorisant une haute vallée des Pyrénées après que des chasseurs aient tué un de ses oursons et estropié son frère.

Parti seul dans la montagne, sans arme, il retrouva la bête furieuse après quelques heures de marche, parvint à l'approcher, à la calmer, avant de soigner l'ourson blessé qu'il sauva d'une mort certaine, sans que la mère ne l'agresse.

De tels exploits étaient si courants pour celui que les autres naturalistes traitaient de magicien, que chaque année il parvenait à apprivoiser une espèce toujours plus rare et plus craintive.

Autodidacte

Si Émile Plocq était un excellent horloger, il lui manquait la formation de biologie scientifique de base qu'il estimait lui-même nécessaire pour parfaire ses observations et surtout les décrire.

Conscient de ses limites, il répondit un jour à un ornithologue qui regrettait ses méthodes empiriques et qu'il n'étudiât pas scientifiquement les animaux qu'il collectionnait: «Je ne suis plus à l'âge où l'on apprend le latin pour pouvoir écrire sur les animaux».

Il publia pourtant quelques études, mais, homme de terrain, il ne se sentait pas à l'aise dans la théorie et les explications écrites.

Dans ses recherches et ses observations, Émile Plocq s'intéressait jusqu'aux créatures les plus modestes. Un jour il montra à l'un de ses visiteurs, le célèbre entomologiste Fabre, quelques spécimens de mouches, d'escargots et de limaces qu'il avait apprivoisés.

À son appel - un léger sifflement modulé différemment selon l'animal - celui-ci sortait de sa cachette, rampait ou voletait vers lui, sans aucune crainte, effectuant quelques figures libres qu'il leur avait enseignées.

Faits troublants

A sa mort, ses protégés eurent un comportement étrange et bouleversant. Selon ses proches, certains animaux firent preuve d'une immense tristesse, allant jusqu'à refuser toute nourriture. Des oiseaux qu'il avait apprivoisés revinrent durant des mois dans son jardin.

Le jour même de son enterrement, lors du service funèbre à l'église, «les assistants virent soudain un oiseau voleter sous la voûte. C'était un rouge-queue noir, un titys, qui, bientôt, se rapprocha de l'autel pour honorer un légendaire pouvoir de persuasion qui paraissait s'exercer au-delà de la mort», raconte Pellerin.

«L'oiseau vint alors se poser sur le cercueil qu'il caressa de sa longue queue rousse. Puis il lança son cri d'appel, "tsip- tsip", comme pour rendre un dernier hommage à son ami». La scène se passait en 1937, et certains témoins vivent encore.

Au cimetière même où reposait l'horloger, des animaux familiers du défunt, retournés à la nature sauvage, vinrent nuitamment rendre visite à sa tombe plusieurs mois après son décès.

Autres exemples surprenants

Même si cette histoire n'est que le symbole de l'étrange correspondance entre certains hommes et certains animaux, comment ne pas s'en émouvoir ?

Mais il est bien d'autres exemples surprenants, ainsi ceux de ces animaux, chiens, chats ou pigeons, qui retrouvent leur maître après avoir parcouru des distances considérables, et dans des conditions souvent fort difficiles.

Nous ne citerons que l'aventure de Boby, un jeune berger malinois de deux ans et demi. Il accompagnait pour la troisième fois seulement son maître, fleuriste à La Ferté-Allais, aux Halles de Paris, quand il se perdit. On eut beau le chercher, l'appeler, l'attendre, rien n'y fit. Pourtant, cinq jours plus tard, fourbu et crotté, Boby reparut à La Ferté-Allais. La distance parcourue n'est pas considérable: cinquante-cinq kilomètres. Mais comment l'animal, si peu familier de Paris, put-il retrouver son chemin dans le labyrinthe de la capitale et de sa banlieue ?

Pierre Genève
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samedi 8 mai 2010


"Il y a trois vérités : Ta vérité, ma vérité et la Vérité"
Ternio Bokar

vendredi 7 mai 2010


 père


je t'appelle par le son de la gourde
je t'appelle par ma fumée
j'appelle tout ce qui est toi en moi

tu réponds de toutes les directions
esprit saint omniprésent
âme éternelle

prends-moi en pitié
donne-moi
la lumière

 Prière cheyenne - Lance Henson
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Jean-Yves LELOUP

jeudi 6 mai 2010

Alors quoi faire ?

Alors, quoi faire ? On peut faire beaucoup, sans espérer changer la situation au niveau global, mais, chacun au niveau local, au niveau de sa propre vie, peut apporter quelque chose.


D'abord dans l'esprit, changer de mentalité. Revenir à la simplicité du mental. Il est dit, dans l'enseignement du Bouddha, " Le contentement est la clé du bonheur et la plus grande des richesses "


Rinpoché a mentionné dans ce sens le concept de " simplicité volontaire " qui se développe aujourd'hui de part le monde


Puis il a donné quelques conseils pour des actions concrètes. D'abord, a-t-il dit, un geste important est de devenir végétarien ou au moins réduire sa consommation de viande.


Une calorie de nourriture animale consomme 10 fois plus d'énergie de production qu'une calorie végétale. Réduire sa consommation de viande est un geste simple et très utile que tout le monde peut accomplir.


Puis il a aussi rappelé les économies à faire au niveau de l'énergie, en particulier du chauffage, de la climatisation et des déplacements.

AUTEUR INCONNU
-Est-ce que tous les chrétiens vont au paradis?"

-"Bien sûr."


-"Alors je préférerais aller en Enfer."


 Réplique du chef taïno, Hatuey, à un moine au moment de son exécution sur le bûcher.

                                                              Mesa Verde (qui a prétendu que les sauvages n'avaient pas de civilisation ? )
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mardi 4 mai 2010

Oodgeroo Noonuccal (Kath Walker)
(Aborigène d'Australie)








La race malheureuse






Ami blanc, tu es de la race malheureuse.
Toi seul abandonna la nature et fit des lois civilisées.
Tu t'es réduit en esclavage comme tu réduisit en esclavage le cheval
Et d'autres choses sauvages.


Pourquoi, homme blanc?


Ta police enferme ta tribu dans des maisons et des bars,
Nous voyons de pauvres femmes frottant les planchers des femmes plus riches.

Pourquoi, homme blanc, pourquoi?


Tu ris des "pauvres nègres", tu dis que nous devrions être comme toi.
Tu dis que nous devrions quitter la liberté et le loisir anciens,
Que nous devrions être civilisés et travailler pour toi.


Pourquoi, ami blanc?


Laisse-nous tranquille, nous ne voulons ni de ton collier ni de ta laisse,
Nous n'avons pas besoin de tes habitudes et de tes contraintes.
Nous voulons nos anciennes liberté et la joie qu'ont toutes choses sauf toi,
Pauvre homme blanc appartenant à la race malheureuse.

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samedi 1 mai 2010

S’émerveiller, une arme pour résister à la cruauté du monde


Par Anne Ducrocq

Dans une de ses dernières lettres, Jacques Decour, un professeur d’allemand résistant, exécuté en 1942, interrogeait : « Nous sommes-nous assez émerveillés les uns des autres ? Avons-nous été heureux d’être ensemble ? » De même, Anne Frank, jeune fille juive de 15 ans, qui mourra du typhus dans un camp, au fond du minuscule réduit qui lui tient lieu de cachette, au bord d’un canal de la capitale néerlandaise, conserve pourtant intacte sa capacité de s’émerveiller devant les petites joies de la vie. Elle décrit dans son célèbre Journal les fêtes de famille, l’émoi que lui procure le souvenir de Peter, son premier amour, ou encore l’agitation liée à sa croissance adolescente.


Oui, certains arrivent à ne pas se laisser envahir et submerger par la cruauté du monde. Oui, certains ont gardé l’émerveillement et une joie miraculeuse à la bouche et dans le cœur jusqu’au bout, jusque dans les camps de la mort. Ainsi, en 1942, tandis que le processus de déportation se met en marche, Etty Hillesum s’émerveille devant cinq boutons de rose et les poèmes de Rilke. Dans le camp de transit de Westerbork, elle écrit : " De l’autre côté de cette tente, le soleil nous offre soir après soir le spectacle d’un coucher inédit. Ce camp perdu dans la lande de Drenthe abrite des paysages variés. Je crois que la beauté du monde est partout, même là où les manuels de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accidents. Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire. " Au lieu de parler de ce qu’elle vit et voit dans le camp, elle parle des livres de géographie insensibles à la beauté du monde ! « La liberté intérieure d’Etty Hillesum, dit Bertrand Vergely, me fait penser à celle d’un autre être éminemment libre, Epictète. Le philosophe (fils d’esclave et esclave lui-même) s’est penché sur la différence qui existe entre un esclave et un empereur. Son raisonnement est simple : selon lui, nous sommes tous des esclaves, limités par toutes les choses qui ne dépendent pas de nous. Le sage, le stoïcien accompli, est celui qui accepte ce que les événements et le destin lui apportent, tant que ceci n’est pas de son ressort. Etty Hillesum est parvenue à ce sommet incandescent. Elle a compris que la réalité est plus profonde que le mal, la souffrance et la mort. Comprendre cela, c’est faire une expérience existentielle, c’est tout embrasser car tout est vivant. Les nazis peuvent tuer Etty, ils ne peuvent ni fabriquer la splendeur d’un soleil qui se couche ni l’empêcher de jouir de cette beauté. Elle, qui est en train de mourir, n’est pas dans la mort, car elle vit spirituellement et trouve la vie belle, même dans un camp. Elle est passée de l’autre côté du miroir, elle est devenue l’un de ces « délivrés vivants » dont parle l’Inde... »


« Chaque jour je suis [...] sur les champs de bataille ou, peut-on dire, les champs de massacre. Parfois s’impose à moi comme une vision des champs de bataille de la couleur verte d’un poison, je suis auprès des affamés, des torturés, des moribonds, chaque jour ; mais je suis aussi proche du jasmin et du morceau de ciel derrière ma fenêtre. Dans une vie, il y a place pour tout. Pour une foi en Dieu et pour une mort misérable. » Etty Hillesum, Lettres de Westerbork


L’émerveillement, l’arme ultime de résistance ?...