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vendredi 26 février 2010

Lecture...

L'humanité disparaîtra, bon débarras ! est un essai d'humour écologique noir... Notre avenir est aussi bouché que celui des dinosaures ! Yves Paccalet assume sa rage et nous met face à nos responsabilités dans la destruction de notre planète, face à notre propre perte. L'espèce humaine est condamnée à l'extinction pour une raison simple : elle provoque des changements irréversibles de son environnement, aussi destructeurs que ceux des météorites des ères Primaire et Secondaire, qui anéantirent 80 % des espèces...


Yves Paccalet, né en Savoie en 1945, philosophe, écrivain, naturaliste de renom, est l'auteur de deux encyclopédies et d'une vingtaine de livres. Il publie des romans, des essais, des livres illustrés, et collabore à de nombreuses revues. Parmi ses dernières parutions, on compte : La France des légendes (Flammarion, 2002), Mystères et légendes de la mer (Arthaud, 2004), L'École de la nature (Hoëbeke, 2004), Extrême Sud (Arthaud, 2005) et Forêts de légende (Flammarion, 2005).


Extrait du livre :
J'ai essayé de me cramponner à mes espérances écologiques, telle la moule à son rocher pendant une tempête de force dix. Je voyais bien que les biotopes étaient de plus en plus pollués, les mers pillées, les forêts dévastées, les marais asséchés, les montagnes bétonnées, la biodiversité ruinée, l'esprit de la Terre bafoué, souillé, violé, assassiné. Je continuais de sourire pour ne pas avoir à en pleurer.


Pendant trente ans j'ai entretenu des illusions -pour les autres comme pour moi-même. J'ai tenté de dénicher des raisons de garder confiance en l'homme; de continuer à croire en son futur. J'en ai même rajouté dans le registre béat. J'ai proclamé que tout est possible, y compris le meilleur. «L'espèce humaine, ai-je argumenté, est sensible, sociable, solidaire et généreuse. Elle a un gros cerveau et un coeur. Elle est intelligente et créatrice. Sa science et sa morale la sauveront. La gravité de la situation apparaît à tout le monde : par conséquent, les remèdes seront administrés. La prise de conscience écologique s'effectue, le consommateur change : les décideurs (le politicien, l'industriel, vous et moi) ne peuvent qu'en tenir compte. Au pis, l'éducation permettra aux jeunes générations de finir le travail que les anciennes ont négligé.»
Voilà trente ans que je m'efforce de croire à ce dis­cours ou à cette utopie, et d'en persuader les autres. Mais le temps a dissous mes ultimes espérances. Pour résumer, je suis excédé. J'en ai assez de jouer les don Quichotte en bataille contre les raffineries de pétrole et les centrales nucléaires (les moulins à vent m'auraient mieux convenu : l'énergie éolienne est propre et renouvelable). Je suis écoeuré des paroles généreuses qui s'envolent et des textes lucides qu'aucun acte ne conclut. Je suis fatigué des bonnes décisions qui s'enlisent dans les sables mouvants des passe-droits, des coups de bourse et des profits illicites. J'en ai par-dessus la tête des projets subtils que l'avidité de quelques-uns tue dans l'oeuf ou étouffe à la naissance. J'en ai marre de la perpétuelle dictature des intérêts individuels, familiaux, corporatistes, religieux, communautaires ou natio­naux; du je-m'en-foutisme et de l'hypocrisie; de la bassesse ordinaire; de l'égoïsme général (je me range, évidemment, sous l'adjectif «général»). J'en ai ma claque des promesses la main sur la poitrine, dont on sait qu'elles n'engagent que les imbéciles qui les croient.

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Une saga de la vie, depuis le Big Bang jusqu'au XXIe siècle où l'on voit apparaître la matière et l'énergie, puis les molécules, les étoiles, le système solaire, la Terre et la vie. Où l'on observe les espèces évoluer, depuis les simples bactéries des origines jusqu'à l'homme et aux OGM en passant par les invertébrés, les requins primitifs, les dinosaures, les mammouths, les grands singes et nos aïeux les plus proches : les australopithèques... La Terre a déjà connu plusieurs grandes extinctions : sommes-nous sur le point de subir la prochaine ? Yves Paccalet tente de répondre aux questions essentielles de la science et de la philosophie : d'où vient l'univers ? D'où vient la vie ? D'où vient l'homme ? Quel est notre avenir ?

jeudi 25 février 2010

Lecture...


Ce roman est comme une robe de peau finement tannée et brodée de rangs de perles de différentes couleurs, telle celle qu'a tissée Lydia Wing Soldier, l'une des héroïnes, en répliquant une robe de cérémonie de sa tribu qui se languit au Field Museum de Chicago.



Constitué d'un savant et chatoyant entrelac de chapitres, comme des perles multicolores, DANSEUR D'HERBE est un roman-sortilège, histoire aux multiples visages d'une tribu indienne à travers le 20 e siècle.

Un extraît :

Je rêve de cet endroit où la North Platte rencontre le fleuve Laramie, un lieu appartenant aux soldats, aux traités, aux convois d'immigrants. Je n'y suis jamais allée autrement qu'en songe, mais je reconnais cependant Fort Laramie. J'ai entendu dire qu'au printemps cette région est une vaste étendue d'herbes-aux-bisons luxuriante alors que dans mon rêve le sol est d'une blancheur cadavérique. Je chemine dans un champ de... de quoi ? Mes jambes se fraient un passage à travers de hautes tiges de papier parcheminé avachi, déchiqueté, en lambeaux, moisson sinistre surgie du sol crayeux. La mort fait entendre ses craquements sous mes mocassins. L'herbe a disparu, et avec elle les fleurs champêtres et la fine dentelle des ailes des papillons, les sauterelles dodues, les trembles de Fremont, le vif gravelot à double collier. A perte de vue (mon regard fouille l'horizon dans toutes les directions), le papier se répand volant à la surface du sol comme un incontrôlable feu de prairie. Je veux fuir ce cauchemar. Je regarde à mes pieds et remarque que chacun de mes pas laisse une empreinte d'herbe pâle, sèche et racornie qui s'efforce de pousser. Ma présence ici n'est pas sans raison, dis-je au vent qui cingle le papier, menace de l'arracher à ces plaintes blanches. Je suis la voix anxieuse de l'herbe...

Lecture...

Extrait : j'ai décidé que le temps était venu d'écrire, de mettre en mots mon testament personnel, non pas parce que j'ai l'intention de mourir, mais parce que j'ai l'intention de vivre. Ceci est la 23e année que je passe en prison pour un crime que je n'ai pas commis. J'ai un peu plus de cinquante-quatre ans aujourd'hui. Je suis donc ici depuis l'âge de 31 ans. .. L'espérance de vie d'un Indien étant de 45 ans aux Etats Unis, on m'a dit que je devrais vivre deux vies, plus 7 années pour voir le jour de ma libération, fixée en 2041. J'aurai alors 97 ans. Je ne crois pas que j'irais jusque là. Ma vie est une souffrance qui n'en finit pas. J'ai l'impression d'avoir passé cent vies en prison. C'est peut-être le cas. Mais je suis prêt à en passer des milliers d'autres pour le bien de mon peuple. Si mon emprisonnement ne faisait qu'informer un public ignorant des terribles conditions que les Indiens et les autres peuples autochtones connaissent encore dans le monde aujourd'hui, alors ma souffrance aurait et continuerait d'avoir un but.
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En 1875, un chef cheyenne demanda au président Grant de lui faire présent de 1000 femmes blanches à marier à mille de ses guerriers afin de favoriser l'intégration. Prenant pour point de départ ce fait historique, Jim Fergus retrace à travers les carnets intimes d'une de ces femmes blanches, May Dodd, les aventures dans les terres sauvages de l'Ouest de ces femmes recrutées pour la plupart dans les prisons ou les asiles psychiatriques. C'est à la fois un magnifique portrait de femme qu'il nous offre ainsi, un chant d'amour pour le peuple indien, et une condamnation sans appel de la politique indienne du gouvernement américain d'alors.

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Charging Elk est à Marseille, c’est Décembre et il est isolé dans ce nouveau monde. Un Indien d’Amérique, à Marseille, en cette fin d’année 1889, c’est comme un martien fraîchement débarqué sur la place de la Concorde ce matin. Ils ne seront que quelques-uns à vouloir l’aider, de façon concrète, symbolique ou seulement dans ses fantasmes d’espérance.

mardi 23 février 2010

IMAGINE......


Imagine qu'il n'y ait pas de paradis
Essaie c'est facile
Pas d'enfer sous nos pieds et au dessus juste le ciel

Imagine que tout le monde vive l'instant présent
Imagine un monde sans pays
Ce n'est pas difficile
Rien à défendre en tuant ou en donnant sa vie
Même pas de religion
Imagine que le monde vive en Paix...

Tu me prends peut être pour un rêveur
Je ne suis pas le seul pourtant
J'espère qu'un jour tu nous rejoindras
Et le monde sera un

Imagine un monde sans possession
Serait-ce possible ?
Plus d'avides, plus d'affamés
Une grande famille humaine

Imagine que tous les êtres se partagent le monde entier
Tu me prends peut être pour un rêveur ?
Je ne suis pas seul pourtant...

John LENNON
Traduction trouvée dans le livre "la vie est à nous" du Dalaï Lama et de Fabien Ouaki

jeudi 18 février 2010

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme !
Au gré des envieux la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez , vous ! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu.
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence !
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel ! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encore tel que le fit ma mère !

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives !
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime !
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparait,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt ! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

Victor Hugo
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Ces arbres sont tous des héraultais !
Femme Etoile