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Histoire des gloutons...

 
Terres indiennes sur Arte (très belle série) - la 1ère rencontre
Entre l'arrivée des «Pères pèlerins» en 1620 à bord du Mayflower dans la baie de Plymouth et 1860, les Indiens des États-Unis avaient perdu la quasi-totalité de leurs terres ancestrales. Ils perdront le reste au cours du siècle qui suivra. Ne subsisteront que quelques minuscules réserves indiennes.

En 1881, l'écrivaine Helen Hunt Jackson (1830-1885), perçue à l'époque comme une activiste pour les droits des Native Americans, publiait un violent réquisitoire contre cette politique dans un volume au titre évocateur : «Un siècle de déshonneur : une ébauche des ententes du gouvernement des États-Unis avec certaines tribus indiennes»).

En se basant sur les statistiques disponibles des Indian Office Reports, Mme Jackson révèle qu'il existait sur le territoire des États-Unis entre 250 000 et 300 000 Indiens en excluant ceux de l'Alaska, le tout réparti en près de 300 tribus. On comptait à cette époque environ 32 500 Indiens dans les États du Minnesota et du Mississippi, 70 650 au Nebraska, au Kansas et dans le Territoire indien, 65 000 au Dakota, au Montana, dans le Wyoming et l'Idaho, 84 000 au Nevada, au Colorado, au Nouveau-Mexique, dans l'Utah et l'Arizona, 48 000 sur la côte du Pacifique. Parmi ces quelque 300 000 Indiens, 130 000 étaient financièrement indépendants dans leurs propres réserves. On comptait aussi 84 000 Indiens partiellement soutenus par le gouvernement américain, 31 000 entièrement entretenus par le gouvernement et quelque 55 000 dont on ignorait les moyens de subsistance.
Helen Hunt Jackson condamnait ouvertement ses contemporains pour les injustices dont les Indiens étaient victimes:

"L'histoire des rapports entre le gouvernement et les Indiens est un relevé honteux de traités violés et de promesses non tenues. L'histoire des rapports entre les Blancs et les Indiens est un relevé dégoûtant de meurtres, d'atrocités, de vols et de crimes commis habituellement par les colons et de violents accès de révoltes et d'exactions barbares de représailles inouïes commis exceptionnellement par les Indiens.

Informés par le gouvernement que leurs droits devaient être respectés, les Indiens ont vu ces droits bafoués par la rapacité des Blancs; le bras qui devait servir à les protéger a toujours été prêt à favoriser l'agresseur.


Le témoignage de certains des officiers militaires les plus hauts gradés des États-Unis révèle que, dans nos guerres indiennes, presque sans exception, les premières agressions ont été commises par les Blancs.... Chaque crime commis par un Blanc contre un Indien est caché et minimisé. Chaque affront commis par un Indien contre un Blanc est transmis par voie postale ou télégraphique dans les coins les plus reculés de la terre, maquillé de toutes les horreurs dont la réalité ou l'imagination peut l'entourer. Les citoyens des États-Unis doivent être mis au courant de ce genre de manipulations."
Helen Hunt Jackson. Un siècle de déshonneur, 1881

Dans son livre American Slavery American Freedom, («Esclave américain et liberté américaine», 1975), l'auteur américain Edmund S. Morgan fait également allusion aux autochtones et parle de la «supériorité» des Blancs au XIXe siècle:

"En tant que colon, vous saviez que votre technologie était supérieure à celle des Indiens. Vous saviez que vous étiez civilisés quand, eux, n'étaient que des sauvages. [...] Mais votre supériorité dans le domaine technologique se révélait inapte à produire quoi que ce soit. Les Indiens, de leur côté, se moquaient de vos méthodes prétendues supérieures et tiraient de leur environnement de quoi vivre dans l'abondance tout en travaillant moins que vous. [...] Enfin, lorsque vos propres concitoyens commencèrent à fuir pour aller vivre avec eux, c'en fut trop. [...] Alors, il vous fallut tuer les Indiens, les torturer, incendier leurs villages, saccager leurs champs de maïs, afin de prouver votre supériorité, quels que fussent vos échecs dans d'autres domaines. En outre, il vous fallut infliger le même traitement à ceux de vos concitoyens qui s'abandonnaient au mode de vie des sauvages, mais le maïs ne poussait pas mieux pour autant."

Au cours de leur histoire, la plupart des Américains furent acquis aux bienfaits de l'assimilation  et souhaitaient en toute bonne foi que les Indiens abandonnent leurs coutumes, qu'ils se convertissent au christianisme, se sédentarisent et, surtout, reçoivent leur éducation en anglais. Mais les Amérindiens demeurèrent toujours réfractaires à l'assimilation et au travail forcé. C'est pourquoi les Américains opteront rapidement pour l 'esclavage des Noirs. 

L'importation des esclaves

Les Européens importeront en Amérique plus de 11 millions d'esclaves. Les historiens estiment que 523 000 Noirs sont arrivés dans les colonies nord-américaines, puis aux États-Unis, ce qui correspondrait à 4,6 % du total. Autrement dit, comparativement aux autres colonies européennes, le territoire de ce qui deviendra les États-Unis reçut relativement peu d'esclaves. 

La première cargaison de 20 esclaves fut débarquée à Jamestown en 1619 d'un navire hollandais. Dans les trois premières décennies du XVIIIe siècle, l'importation annuelle s'élevait à environ un millier de Noirs.
Par la suite, un certaine accélération se produisit: 40 400 de 1731 à 1740, 58 500 de 1741 à 1750, 41 900 de 1751 à 1760, 85 800 de 1761 à 1780, 91 600 de 1781 à 1810.
En 1780, les États-UNis compteront 575 420 Noirs, soit un cinquième de leur population totale. De ce nombre, 90 % vivront au sud de la Pennsylvanie.

La majorité de ces esclaves provenait des rivages du golfe de Guinée, soit le Ghana, le Sénégal, la Gambie et le Biafra. Mais d'autres seront originaires du Congo, de l'Angola et du Mozambique. Très peu d'esclaves furent importés des Antilles, car les colons considéraient ces Noirs comme des mauvais travailleurs et de fortes têtes. Ils préféraient les Noirs transplantés directement d'Afrique.

À la fin de la période coloniale,  les Anglo-Saxons auront dominé tous les autres peuples: les Hollandais sur les rives de l'Hudson; les Suédois dans le Delaware; les Français dans le Missouri, le Michigan, l'Arkansas, la Louisiane, l'Indiana, l'Illinois, le Wisconsin et l'Alabama; les Espagnols en Floride, en Californie et au Nouveau-Mexique.
- Les Anglo-Saxons étaient en voie d'absorber toutes les variétés de la race blanche.
- Pour ce qui est des Indiens, ils étaient sur la voie de la liquidation.
- Quant aux Noirs, ils étaient réduits à l'esclavage.
 
LECLERC, Jacques
 

Ils avaient tout ; les points rouges, c'est tout ce qu'on leur a laissé !

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Il s'agit d'un sermon de l'archeveque Robert Bowman s'adressant à Bill Clinton.


Publié une première fois en 1998 sur le site National Catholic Reporter. Robert Bowamn, ancien pilote de l'US Air Force devenu archevêque de l'Eglise Catholique Unifiée, l'a actualisé en octobre 2001 pour l'adresser à George W Bush., juste avant la guerre en Irak.


"Monsieur le Président,

"Dire la vérité au peuple, Monsieur le Président, au sujet du terrorisme.

Si les illusions au sujet du terrorisme ne sont pas détruites, alors la menace continuera jusqu'a notre destruction complète.

La vérité est qu'aucune de nos nombreuses armes nucléaires ne peut nous protéger de ces menaces. Aucun système "Guerre des Étoiles" (peu importe la technique de pointe, ni combien de milliards de dollars seront gaspillés dans ces projets) ne pourra nous protéger d'une arme nucléaire transportée dans un bateau, un avion ou une voiture louée.

***

Aucune arme, ni de votre arsenal, ni un centime des 270 millions de dollars gaspillés chaque année dans le dénommé "système de défense" ne peut éviter une bombe terroriste. C'est un fait militaire.

En tant que lieutenant-colonel à la retraite et dans de fréquentes conférences au sujet de la sécurité nationale, j'ai toujours cité le Psaume 33 :

"Un roi n'est pas sauvé par son armée puissante, comme un guerrier n'est pas sauvé par sa vigueur".

La réaction évidente est :

"Alors que pouvons-nous faire ?

N'existe-t-il rien, que nous puissions faire pour garantir la sécurité de notre peuple ? Si !

Mais pour entendre cela, il faut savoir la vérité sur la menace.

Monsieur le Président, vous n'avez pas dit la vérité sur le "pourquoi" nous sommes la cible du terrorisme, quand vous avez expliqué pourquoi nous bombarderions l'Afghanistan et le Soudan. Vous avez dit que nous étions la cible du terrorisme, parce que nous défendions la démocratie, la liberté et les droits humains dans le monde.

C'est absurde, Monsieur le Président.

***

Nous sommes la cible des terroristes, parce que, dans la plus grande partie du monde, notre gouvernement a défendu la dictature, l'esclavage et l'exploitation humaine.

Nous sommes cible des terroristes, parce que nous sommes haïs, et nous sommes haïs, parce que nous avons fait des choses odieuses.

En combien de pays des agents de notre gouvernement ont-ils chassé des leaders élus par leurs peuples, en les remplaçant par des dictateurs militaires, des marionnettes désireuses de vendre leur propre peuple à des groupes américains multinationaux ? Nous avons fait cela en Iran, quand les Marines et la CIA ont déposé Mossadegh, parce qu'il avait l'intention de nationaliser l'industrie pétrolière.

Nous l'avons remplacé par le Shah Reza Pahlevi et nous avons armé, entraîné sa garde nationale haïe, la SAVAK, qui a réduit à l'esclavage, brutalisé le peuple iranien, pour protéger les intérêts financiers de nos compagnies pétrolières. Depuis cela, est-il difficile d'imaginer qu'il existe, en Iran, des personnes qui nous haïssent ?

Nous l'avons fait au Chili, nous l'avons fait au Viet Nam.

Plus récemment nous avons tenté de le faire en Irak.

C'est clair ! Combien de fois l'avons-nous fait au Nicaragua et dans d'autres républiques en Amérique Latine ?

Une fois après l'autre, nous avons destitué des leaders populaires, qui voulaient répartir les richesses de leur terre pour que le peuple les gère.

Nous les avons remplacés par des tyrans assassins, qui vendaient leur propre peuple pour que -moyennant le paiement de sommes énormes pour engraisser leur compte bancaire privé - la richesse de leur propre terre puisse être accaparée par des sociétés telles que Domino Sugar, United Fruit Company, Folgers et d'autres semblables.

De pays en pays notre gouvernement a obstrué la Démocratie, a étouffé la liberté et a piétiné les droits humains.

C'est pour cela que nous sommes haïs dans le monde et c'est pour cela que nous sommes la cible des terroristes.

Le peuple du Canada jouit de la liberté et des droits humains, ainsi que le peuple de Norvège et de Suède.

Avez-vous entendu dire que des Ambassades canadiennes, norvégiennes ou suédoises aient été bombardées ? Nous ne sommes pas haïs parce que nous pratiquons la démocratie, la liberté et les droits humains.

Nous sommes haïs parce que notre gouvernement refuse ces choses aux peuples du Tiers- monde, dont les ressources sont convoitées par nos groupes multinationaux. Cette haine que nous avons semée, se retourne contre nous en nous effrayant par le terrorisme, et, dans l'avenir, par le terrorisme nucléaire. Une fois que la vérité a été dite sur les raisons de cette menace et une fois qu'elle a été entendue, la solution devient évidente.

Nous devons changer nos pratiques.

Nous libérer de nos armes nucléaires (même unilatéralement s'il le faut), améliorera notre sécurité. Changer drastiquement notre politique extérieure, la consolidera.

Au lieu d'envoyer nos fils et nos filles de par le monde, pour tuer des Arabes, en vue de prendre possession du pétrole, qui existe sous leur sable, nous devrions les envoyer pour reconstruire leurs infrastructures, fournir de l'eau potable et nourrir les enfants affamés.

Au lieu de continuer à tuer des milliers d'enfants irakiens tous les jours par nos sanctions économiques, nous devrions aider les Irakiens à reconstruire leurs centrales électriques, leurs stations de traitement des eaux, leurs hôpitaux, tout ce que nous avons détruit et ce que nous empêchons de reconstruire avec nos sanctions économiques...

Au lieu d'entraîner des terroristes et des escadrons de la mort, nous devrions fermer l'École des Amériques.

Au lieu de soutenir la révolte, la déstabilisation, l'assassinat et la terreur dans le monde, nous devrions abolir la CIA et donner l'argent dépensé pour elle aux organismes humanitaires.

En résumé, nous devrions être bons au lieu d'être mauvais. Qui alors essaierait de nous arrêter ?

Qui nous haïrait ? Qui voudrait nous bombarder ?

C'est cela, Monsieur le Président.

C'est cela que le peuple américain a besoin d'entendre."

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